Déficit et dette en temps de crise

Publié le 26/02/2018

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Ce livre, ecrit par François LEQUILLER etFrançois ECALLE, explique comment sont calculés ces indicateurs essentiels pour la politique économique en France et en Europe. Il s’adresse volontairement aux non-experts et à tous ceux qui veulent en savoir plus sans avoir à payer le ticket d’entrée du jargon technique des comptables et des statisticiens européens. On y décrit la théorie et la pratique du calcul de ces indicateurs, en n’hésitant pas à mettre sur la table leurs limites, tout en les illustrant d’histoires vécues de l’intérieur de ce monde à part. En plongeant avec ceux qui, dans l’ombre et dans les tensions créées par la crise de l’euro, nous permettent de comprendre et de maîtriser nos finances publiques, on en ressort convaincu que les statistiques ne sont pas un long fleuve tranquille.

Ecrit par François LEQUILLER, ancien directeur des statistiques de finances publiques d’Eurostat, ce livre explique comment sont établies ces statistiques. Il en décrit les sources et la méthodologie, mais aussi la « gouvernance » en précisant notamment les pouvoirs des instituts statistiques nationaux et d’Eurostat. Tous ceux qui s’intéressent à la politique économique et aux questions budgétaires sans en être des experts pourront comprendre comment sont calculés le déficit et la dette publics, ces indicateurs qui ont joué un rôle déterminant pendant les années de crise et qui doivent toujours être suivis de très près.

Si la technique comptable est inévitablement parfois aride, ce livre est agrémenté de nombreuses « histoires vécues » de l’intérieur de l’univers des comptables nationaux. Il décrit ainsi les débats parfois houleux entre les statisticiens, mais aussi avec les ministères des finances, sur le mode de comptabilisation de certaines opérations atypiques, comme la soulte versée par France Télécom et la création de RFF en 1997 dont le traitement comptable a permis à la France d’entrer dans la zone euro. Les problèmes posés par les statistiques de finances publiques de la Grèce pendant la crise en sont une autre illustration

François LEQUILLER met également en évidence les limites des statistiques de finances publiques. Elles reposent sur des sources de données dont la qualité n’est pas toujours suffisamment contrôlée et sur des choix méthodologiques discutables, comme ceux de tous les systèmes comptables. Il propose des solutions intéressantes pour améliorer certains traitements.

Même si ses propositions étaient retenues, les indicateurs tirés des comptes nationaux, et en particulier le déficit public, resteraient insuffisants pour apprécier la situation des finances publiques, notamment parce qu’ils doivent être corrigés des effets des variations conjoncturelles de l’activité économique. J’ai écrit le dernier chapitre du livre, où je présente les concepts économiques de solde structurel et d’effort structurel. Ils ont été mis au point et sont de plus en plus utilisés pour identifier les variations du déficit qui tiennent seulement à l’action des gouvernements. S’ils sont plus pertinents, ces indicateurs résultent cependant d’un calcul économique et n’ont donc pas la fiabilité (relative) du solde comptable qu’est le déficit public.

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